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Table ronde « éthique » : Quand mon privé devient public !

23 mars 2017

 


Intervenants :
Jacques LUCAS est vice-président du Conseil National de l'Ordre des Médecins, délégué général aux systèmes d'information en santé.
Il est référent de la gestion de l'explosion du numérique santé et de la nécessaire évolution des conditions d'exercice de la médecine libérale qu'elle impose, en passant par le secret professionnel, la rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP), la coopération avec les patients et leurs représentants, la gestion de l'intelligence collective publique et professionnelle sur le web santé, etc.
Citation : « L'humanisme en médecine ce n'est pas d'imposer sa philosophie pour autrui, c'est entendre et respecter celle du patient comme alter ego.»

Jean VILANOVA est juriste à La Médicale et professeur de Droit à l'université de Lille. Jean VILANOVA est déjà intervenu dans nos Forum et nous a séduit par ses compétences juridiques et son humanisme. Morale, éthique et droit sont 3 concepts différents mais complémentaires les uns des autres. Le droit est-il éthique, le droit est-il moral ? à quoi sert l'éthique pour le droit ? Peut-on légiférer sur la fin de vie ? Voici des questions que pose Jean Vilanova et auxquelles il apporte quelques éléments de réflexion.

Alain Touraine est un sociologue français spécialiste de l'action sociale et des nouveaux mouvements sociaux, ancien directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales. Son ouverture d'esprit l'amène à reconsidérer sans cesse ses propres engagements.
Dans son dernier ouvrage, « La fin des sociétés », sa réflexion prend comme point de départ la crise économique qui secoue le monde depuis désormais cinq ans. Dans ce cadre économique morose, les institutions, aussi variées qu'elles soient, semblent dépassées et inaptes à refléter les positionnements actuels des citoyens et à répondre à leurs attentes. Les sociétés paraissent s'effondrer sur elles-mêmes, leurs propres structures perdant légitimité et pertinence dans un monde où les changements sont chaque jour plus rapides. Ce livre ne prend pas pour autant le parti du fatalisme généralisé. Bien au contraire, l'auteur fait sien le principe selon lequel toute fin est aussi un commencement. Nous vivons une période de transition, insiste-t-il, extrêmement importante puisqu'il nous faut comprendre qu'il est temps de "changer de siècle".

Nous allons donc nous interroger avec eux sur le partage des informations qui de privées risquent de devenir publiques. Mais aussi comme le souligne dans son dernier ouvrage (Homo Artificialis) Guy Vallancien, sur la nécessité de participer au développement de l'intelligence artificielle, et « à la promotion de l'éducation indispensable à nous mettre en capacité de décider au-delà des opinions fluctuantes et irrationnelles ».
En effet, depuis quelque temps, les algorithmes inquiètent comme le soulignent Serge Abiteboul et Gilles Dowek (Le temps des algorithmes). Des métiers disparaissent par leur faute, des gouvernants s'en servent pour restreindre nos libertés, des entreprises privées les utilisent dans leurs calculs cyniques. Bientôt des « algorithmes intelligents » nous asserviront... Mais après tout, les algorithmes sont des créations de l'esprit humain. Ils sont ce que nous avons voulu qu'ils soient. Les algorithmes devraient être avant tout des solutions, mais ces solutions ne sont pas neutres. S'ils sont à l'origine de transformations radicales des notions de travail, de métiers, de propriété, de responsabilité, de vie privée et même d'humanité, c'est donc à nous de décider de quel côté faire pencher la balance. Pour cela, il faut cesser de les subir en cherchant à les comprendre. C'est ainsi que nous pourrons être maîtres de notre destinée et de nos vies.

 

Docteur Michel Hanau

Vice-Président du SNORL

 

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